Georges Figon, le « deus ex machina » du scandale Ben Barka, est trouvé « suicidé » chez lui au terme d’une opération de police… à la stawiskyenne. Durieux, hier, m’avait parlé de lui, il l’avait vu, photographié (PM publie les photos cette semaine). Il m’avait dit que Figon allait obtenir un passeport. Il a oublié simplement de me dire pour quelle destination. Jeudi dernier, Durieux cherchait la consigne chez Thérond qui hésitait à passer quelque chose sur Figon, à accepter les conditions de celui-ci. J’étais là : « C’est un homme précieux, ai-je dit, ce qu’on fera servira. C’est un homme mort ».
Déjeuner au Fouquet’s avec Gaston. Décisions sur « l’agence ». Me parle de sa conférence dans l’Ouest (avec, à une petite table, sa secrétaire, reliée à Gaston à Paris, qui transmettait les nouvelles des agences – et Gaston les commentait aussitôt : voici comment se présentera votre journal de demain… mais il avait demandé au « Maine libre » le contenu de la « une » du lendemain.
Catégorie : janvier 1966
19 janvier 1966
Parlé avec Loyer et Menant de l’Agence. Rédigé, d’après les indications de Gaston, les conditions minima. Le Parisien libéré arbore une « Une » d’infamie : « Cancer » en gros titre pour une découverte de petite importance (qui vaut 10 lignes ailleurs) et met Figon (condamné à 20 ans de travaux forcés) et Ben Barka (condamné à mort) dans le même sac. Ignominie pure !
23 janvier 1966
Cdf de Dante vers 19 h. On venait de le voir sur l’écran TV dans les actualités théâtrales (Favallelli). Il est assez content – pense déjà à l’homme seul.
24 janvier 1966
Réunion P.M. : donné réponse positive à Thérond. Les autres, non. Inquiets. À 9 h, rue du fg St-Honoré, au Relais, pour fêter les 60 ans de Séruzier, le photographe de Détective. Revu Montarron qui attend la retraite avec impatience (64 ans), Séruzier qui voudrait peindre, peindre, peindre…
26 janvier 1966
Cdf à Dante. La représentation d’hier soir était la plus mauvaise (les acteurs déconnectés après deux jours de relâche – mais les Gilbert ont trouvé bien tout de même).
Au TNP. Rencontré Audouard, vu J.J., Souvt. Que j’ai amené ensuite voir Gatti. Salle farcie de critiques. Spectacle meilleur que le premier de la série. Applaudi pas mal. Après, un verre chez les machinos avec Le Bolzer, Hélène Châtelain et les Monod. Après, chez Georges, le Grec : J.J. seul Marine son ancienne, un ami à lui, Hélène, Pia et Sylvain, Hildebrandt, l’Américain, et Françoise Godde – « Melle Françoise » (ainsi que dit Mme Lebrun qui l’a vue à La Route). A l’issue du spectacle, pas de cris hostiles ; quelques acclamations sur le nom de Gatti au moment des annonces. Rentré à 3 h après avoir ramené J.J. à son hôtel.
27 janvier 1966
Premier article dans FS du triste Dutourd. Il démolit « Chant public » – après avoir fait la même chose récemment avec les Justes et En attendant Godot. Poirot-Delpech dans le Monde ne cache pas son hostilité, modérément exprimée, mais plus modérée.
Aux Champs-Elysées vu « Pierrot le fou » de Godard. L’ai trouvé bon.
28 janvier 1966
Quotidiens du matin : épouvantable. Gautier parlant de « gadoue » – Combat, l’Aurore à l’avenant. Seul, l’Huma est bon (Leclerc).
11 h : TNP. Retrouvé J.J. et Simone puis Françoise. Soupé chez Georges, hors de lui : une compatriote célèbre, l’actrice Irène Pappas était chez lui. D’autres comédiens venus. Tous parlaient de la critique.
30 janvier 1966
Appris par la TV la mort d’Edward Helsey. Rédigé un papier sur Gatti et les critiques. Pour qui, je n’en sais rien encore.